Nous sommes en train de vivre un moment unique de l'histoire de l'humanité. Pour la première fois, le monde entier se voit obligé de ralentir, de rester en famille, d'arrêter de consommer et de travailler pour certains.

Cela remet en question notre vision de l'accouchement, crée de l'anxiété pour certaine, genère de l'inquiétude. De mon côté, je refuse de donner trop de pouvoir à cette pandémie en en parlant constamment. Tout en m'informant pour mes clientes et moi-même sur les mesures, possibilités et changements liés aux accouchements, je suis de nature positive et je vois dans cette pandémie une opportunité : de se recentrer sur nos réels besoins et envies, de remettre en question des modes de vie insoutenables pour l'être humain et la Terre... Il me parait tout de même fondamental d'adresser les questions que je reçois de mes clientes et de femmes que je côtoie.

Les éléments que j'apporte aujourd'hui pourront changer dans les prochaines semaines voire les prochains jours. Il est donc nécéssaire de les vérifier le moment venu!

Accoucher seule

L'hôpital juif vient d'annoncer que le partenaire ne pourrait plus avoir accès à la salle d'accouchement. Cela engendre beaucoup d'inquiétudes. Autant de la part des familles qui avaient choisi cet hôpital comme lieu de naissance que pour celles qui accouchent ailleurs et qui se demandent si cette mesure va se propager à d'autres hôpitaux. Encore une fois, tout le monde essaie de gérer au mieux dans ces circonstances exceptionnelles. D'un côté, l'hôpital souhaite protéger ses usagers et son personnel car il s'agit d'un établissement qui traite les cas de COVID-19. De l'autre les femmes et leur partenaire se retrouvent mis au pied du mur et les femmes dans l'angoisse d'accoucher sans soutien.

Il a été offert aux femmes suivies à l'hôpital juif de transférer leur dossier à un autre endroit. Malheureusement ce n'est pas aussi facile que ça pour toutes les futures mamans. Certaines envisagent de demander leur dossier médical et de se présenter le jour de l'accouchement ailleurs. D'autres envisagent même, stressées à l'idée d'être contaminée ou que leur partenaire se voit refuser l'entrée à l'hôpital d'accoucher seule à leur domicile.

Accouchement non assisté (ANA) à domicile

Il est complétement légal d'accoucher à son domicile sans assistance au Québec. Certaines familles désemparées face à la situation actuelle se questionnent quant à cette possibilité. Cette option qui certes peut présenter des avantages n'est pas anodine. Si la décision a été prise dans la peur et non par réel choix il faut prendre en considération plusieurs facteurs importants :

  • Les femmes qui accouchent à domicile sans assistance ainsi que leur partenaire de naissance s'y sont préparer pendant des années,
  • Elles en sont rarement à leur premier accouchement,
  • Elles sont entourées
  • Et surtout ne bénéficient d'aucune aide médicale (ce qui conduit malheureusement parfois à des situations dangereuses pour la maman et le bébé)

Donc avant de prendre des décisions drastiques, informez-vous sur vos options, vos droits et soyez réalistes quant à vos capacités et raisons de les prendre. Quelles que soient vos décisions, même si sa présence à l'hôpital n'est pas acceptée présentement, votre doula peut vous supporter.

Ma doula ne peut pas m'accompagner à l'hôpital

Actuellement, vous ne pouvez être accompagnée que de votre partenaire lorsque vous vous rendez à l'hôpital pour accoucher. Afin d'éviter la propagation du virus et par manque de matériel pour protéger tout le monde, une seule personne peut vous accompagner et elle doit vivre dans le même foyer que vous. C'est pourquoi votre doula ne pourra malheureusement pas être présente physiquement avec vous. Néanmoins, il faut rappeler que le rôle d'une accompagnante à la naissance ne se réduit pas uniquement à sa présence lors de l'accouchement. Voici une liste non exhaustive de ce qui ne change pas dans l'accompagnement que vous allez recevoir

  • Votre doula vous aide à vous préparer à la naissance de votre enfant d'un point de vue physique, émotionnel et organisationnel,
  • Dans des circonstances comme celles que nous vivons actuellement elle est là également pour vous offrir les informations les plus à jour possible sur votre lieu de naissance, les procédures médicales, les mesures de protection...
  • Elle vous préparera à toutes les éventualités habituelles (déclenchement, césarienne, AVAC...) comme exceptionnelles (accompagnement à distance lors de l'accouchement, accouchement seule...)
  • Elle préparera votre conjoint à vous aider de son mieux pendant l'accouchement

De plus, votre doula reste en contact avec vous pendant toute votre grossesse (en temps de pandémie comme en temps normal) par texto, appels, courriels... Les doulas apportent un soutien émotionnel et humain pendant votre grossesse et votre accouchement et cela ne change pas à cause du virus. Bien que de manière virtuelle, votre doula sera le soutien et la source d'information dont vous aurez besoin pendant votre cheminement vers la maternité.

Pour finir j'aimerais dresser une petite liste des avantages (oui oui !) de la situation actuelle lorsque l'on attend un enfant.

Les avantages de la pandémie

Pendant la grossesse : vous pouvez vous reposer, avoir votre partenaire et vos enfants avec vous, planifier et cuisiner en prévision de l'arrivée de bébé (pour des idées de comment préparer son post partum).

Pour la période post natale : comme je vous l'ai déjà exposé dans cet article le mot d'ordre du post natal c'est DOUCEUR. En l'état actuel des choses :

  • Pas de visite donc pas de stress
  • Aucune excuse pour ne pas vous reposer
  • Pas de pression (de sociabiliser, de devoir faire le ménage pour recevoir de la visite)
  • On reste dans le lâcher prise de la naissance. C'est le leitmotiv de l'accouchement : on lâche prise sur son corps, son esprit et sa volonté de contrôle. Restez donc dans cet état d'esprit et vous vivrez votre confinement sereinement!

Si vous aussi vous êtes préoccupée par la situation actuelle j'offre une rencontre de 30 minutes pour discuter et vous rassurer : ÇA VA BIEN ALLER


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